Blog pour toutes et tous relatant les événements sur la vie du village de Lesdins

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lundi 5 février 2018

Suite et fin sur les commerces d' antan

                        Période faste des commerces à Lesdins 

Suite à l'article sur les commerces d' antan  les petits enfants de monsieur et madame Trocmé nous ont fait parvenir des photos nous montrant la grande salle du café décorée par des peintures murales. Peu de lesdinois de nos jours avaient connaissance de ces réalisations .Un grand merci à la famille Delville tous descendants direct de Mr Me Trocmé

Les bateaux sortant du souterrain tirés par le toueur


Statut et vue que l'on peut supposer venant de Versailles 


Belle propriété au bord de l'eau


Quelle richesse pour un café de campagne


Aucun doute c'est VERSAILLES

lundi 20 février 2017

Crime contre l'humanité

Pour votre information hier il y a eu 161 visites et aujourd'hui à midi 232

On peut en déduire :   pas touche à la FRANCE

dimanche 19 février 2017

Crimes contre l' humanité



Alain Richet
  En ma qualité de président des anciens combattants des communes d'Omissy, Remaucourt, et Lesdins je ne peux que souscrire aux propos de Mohammed Djafour président de l' association des Harkis de France
Peut on imaginer la France traînée devant la cour internationale de crimes contre l' humanité ???
Colonisation : Macron "s'est tiré une balle dans le pied", dit un fils de harkis
INVITÉ RTL - Le président de Génération harkis parle d'une "énorme erreur stratégique sur le plan politique".
publié le 19/02/2017 à 10:11
  Après le temps des discours creux, voici venu le temps des polémiques pour Emmanuel Macron. En meeting à Toulon (Var) samedi 18 février, le candidat de "En Marche!" est revenu sur ses propos tenus en Algérie quelques jours plus tôt, en reprenant de Gaulle et maniant l'excuse tel un équilibriste. Le 13 février dernier, dans une interview à un média algérien, il avait comparé la colonisation à des crimes contre l'humanité. La phrase choc a suscité l'indignation des pieds-noirs et des associations d'anciens combattants ainsi que d'une grande partie de la droite et du Front national.

  Au micro de RTL ce dimanche 19 février, Mohammed Djafour, président de l'association Génération harkis, a adressé un message à 
Emmanuel Macron. "Vous avez voulu récupérer un électorat franco-algérien en rabaissant le peuple français, ainsi que les Harkis et le monde combattant en particulier. Vous devriez réviser l'histoire de France, M. Macron." Pour ce fils de Harkis, qui aurait pu lui accorder sa voix à la présidentielle, Emmanuel Macron "s'est tiré une balle dans le pied. Il a fait une énorme erreur stratégique sur le plan politique (...) On entend la même phrase de de Gaulle ? Il a compris qui ? Il n'a pas compris les enfants de la France", conclut-il.


lundi 17 août 2015

Lesdins la belliqueuse

Le journal l'Aisne nouvelle dans sa parution du lundi 17 août nous a fait l'honneur d'ouvrir une page entière sur le château de Lesdins, tout en développant son histoire. C' est un grand plaisir pour moi d' ouvrir le blog de Lesdins et de transmettre l'article.


Georges Lefaivre fier de ses origines, du chateau et aussi de son village LESDINS






mardi 2 juin 2015

Un hommage bien mérité à René Dauteuille

                           Un hommage bien mérité          

 René Dauteuille receveur des postes à Lesdins de 1969 à 1982, à l'époque où le facteur distribuait le courrier à domicile avec une grosse mallette en cuir et son vélo comme moyen de locomotion.
 C' est toujours avec le sourire et un petit mot à chacun qu'il nous remettait le courrier.
Très vite son métier ne lui suffit plus, il entra au conseil  de Lesdins pour deux mandats : un comme conseiller, le suivant comme 1er adjoint.
Son ouverture d' esprit nous a permis de faire un remarquable tandem avec une très bonne équipe municipale !
Là ne s’arrête pas son action, il adore l'histoire et nous lui devons le premier Petit lesdinois réalisé avec les moyens du bord. Nous avons bénéficié de toutes ses recherches sur l'histoire de lesdins et des environs.
Il entra comme membre à la société académique de St Quentin. De nombreuses conférences ont été assurées par ses soins. Une multitude de documents concernant ses travaux seront déposés en Mairie de LESDINS.  Les lesdinois intéressés par l'histoire pourrons en prendre connaissance.        
Au nom du conseil municipal et en mon nom personnel  nous disons merci René 
ainsi qu' à ton épouse qui t'a soutenu et aidé dans tes travaux. 

 


René Dauteuille et son épouse



jeudi 6 février 2014

Combats d’octobre 1918 à Lesdins

A partir de la carte militaire simplifiée retraçant les combats d’octobre 1918 sur la commune de Lesdins, je vous propose une carte actualisée “Google Earth”  reprenant les sites remarquables positionnés sur celle-ci.

Carte militaire


 Carte Google Earth

Ci-joint liste des morts Tombe N°1 et Tombe N°2 inscrits à droite sur la carte militaire, la qualité des photos est médiocre mais on peut quand même distinguer les noms.

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 Liste-2
 Liste-3

vendredi 12 juillet 2013

Lesdins capitale du bleuet des champs

Histoire du bleuet des champs à Lesdins.

Pour information il faut savoir que le bleuet des champs dans les années cinquante couvrait encore toutes les campagnes de France. L'arrivée dans l'agriculture des produits phytosanitaires avec une nouvelle mécanisation venant des États-Unis, provoquèrent une véritable révolution agraire. A la sortie de la guerre 1940/1945 la France devait importer des produits agricoles. L'autonomie alimentaire s'imposait au pays avec pour objectif la productivité à outrance. Fini les champs de blé avec le mélange harmonieux des coquelicots et des bleuets. En 40 ans ces deux espèces extrêmement sensibles aux traitements  disparurent du paysage. En partant d'un pied trouvé dans  le département de la Somme une multiplication s'est faite au village, trois ans plus tard nous remettions une gerbe de bleuets à Madame Barreteau  Sous Préfet de Saint Quentin.

samedi 29 juin 2013

Un peu d'histoire sur la commune de Lesdins dans le Courrier Picard

Sous couvert de quelques corrections ou précisions sur deux points de l'article du Courrier Picard, vous pourrez lire l’article sur la commune en cliquant sur le lien qui suit les précisions nécessaires, en fin de page.

"Comme les grands travaux prennent toujours du retard, ce n'est pas un canal mais des plans qui ont été présentés à l'empereur."
Quand Napoléon est passé à Lesdins le canal était déjà creusé mais il fallait encore terminer les travaux (notamment le sous-terrain) pour le mettre en eaux.

"Passionné d'histoire, Alain Richet, maire de la commune pendant 38 ans" 
Après avoir fait un mandat de conseiller municipal et un mandat d'adjoint au maire, Alain Richet fut maire pendant 24 ans et non pas 38 ans.


L'histoire du village contée par l'ancien maire Alain Richet

samedi 1 juin 2013

En souvenir de l'appel du 18 juin 1940 du Général de GAULLE

La commune de LESDINS n'a pas attendu une loi pour que le groupe scolaire soAppel_18-juinit imprégné des valeurs civiques et républicaines. C'était le 18 juin 1989.

Il fallait trouver un site stratégique pour installer la stèle.  Après une très large discussion au sein du conseil municipal de LESDINS. Sur proposition du maire, l’unanimité s’est faite sur l’entrée du  groupe scolaire. Tout un symbole pour la mémoire des enfants scolarisés au groupe scolaire Gérard FRISON. Cette école se situe entre la Mairie et le monument aux morts de LESDINS, ce qui permet au cortège de s’incliner devant cette petite stèle à chaque commémoration aux monument aux morts.

vendredi 24 mai 2013

Reconstitution de l'inauguration du canal de Saint Quentin à Lesdins par Napoléon Ier

En l'an 1801 Bonaparte alors premier Consul estime qu'il est indispensable pour un grand pays comme la France de se doter de grands  moyens de transport et de communication.
Il existait depuis plusieurs décennies quelques projets. Parmi  ceux ci, il adopta le projet DEVICQ   D'où le nom donné à la place le long du canal le 5 avril 1992 à Lesdins "Square de DEVICQ".
Lors de cette cérémonie il y eut l'inauguration du monument aux morts dédié aux mariniers morts pour la France, ainsi que la reconstitution de l'inauguration du canal de Saint Quentin par Napoléon le 20 février 1801. Pour agrémenter cette cérémonie la municipalité de Lesdins et l’association intercommunale du nord est de St Quentin composée de 14 communes ont tout mis en œuvre pour faire de cette journée une grande réussite. Cette  reconstitution de l'inauguration a donné toutes ses lettres de noblesse à cette initiative. Tous les élus et leurs épouses, se sont costumés en respectant l'époque Napoléonienne.
C'est en présence des bateliers de France venus de Conflans-Sainte-Honorine pour honorer leurs morts et inaugurer ce nouveau monument. Il y avait également les représentants des voies navigables de France, ainsi que de tous les élus de la région, les membres d'un  centre équestre pour assurer le spectacle, et tous ceux qui assuraient l'intendance. Bientôt une vidéo sur cette cérémonie du souvenir .
                                                                                                                                                  
  






mardi 12 février 2013

Retour sur les fêtes de la moisson 1984/1985

Dans les années 1984/1989 notre région a été marquée par de grandes  manifestations. Les fêtes de la moisson. Nous commencerons notre petit feuilleton par la fin . La presse locale a traité le sujet mieux que quiconque ci joint les articles.
A bientôt pour la suite.

lundi 4 février 2013

Parcours d'un bâtisseur :


Georges BAILLET né le 08/12/1893 à Levergies dans une famille de maçon,  son père Georges Bailletorphelin enfant de l'assistance publique ne manqua pas de donner à son fils Georges une bonne formation en l’envoyant au lycée professionnel de Bohain  filière maçonnerie, et technique métreur.  
 
Engagé volontaire affecté au 42ième régiment d'artillerie de La Fère (Aisne) il a survécu aux terribles combats de la guerre 1914/1918.Démobilisé à la fin de cette fragile victoire ,il prit le temps de récupérer  quelques forces. Requinqué, Il fit la connaissance d'une demoiselle Lenoir originaire de Levergies qu'il demanda en mariage.  Les deux tourtereaux décidèrent de s'installer à Lesdins juste en face la mairie (voir carte postale maison avant 1914 ) la maison actuelle date des années 1920.
Maison BailletLe terrain choisi se trouve rue de Bretagne en face de la Mairie. Aujourd'hui propriété de Madame Sculfort. Avant la construction de cette belle demeure bourgeoise réalisée par Georges Baillet, la maison d'origine n'était qu'une modeste maison de plein pied qui servait de café.
                                                                                                                                                                                                                                                                                                                   Constatant l’ampleur des dégâts dans le St Quentinois  il décidât de créer en face de la mairie de Lesdins son entreprise de bâtiment sur cette propriété disposant d'un grand terrain.
Un véritable défi se dresse devant lui pour relever le champ de ruine.  Avec Camion chargé de briquesde l'argent prêté par des amis il monte une entreprise qui au fil du temps comptât plus d'une centaine d'ouvriers .
Pour maitriser la totalité de ses chantiers une briqueterie fut installée sur le terrain là ou se trouve la place du village,  et le four à pain .Dans le grand jardin  de la propriété  il installât une scierie et une menuiserie pour fabriquer charpentes, portes et fenêtres dont il avait besoin.
Monsieur et Madame Baillet eurent deux enfants  Jack et La scierieJacqueline nés à Lesdins scolarisés au village et ensuite au Lycée Henri Martin puis études en faculté de médecine. Jack (né en 1921 décédé aujourd'hui ) fut Docteur, Professeur à la faculté de médecine, médecin Biologiste des hôpitaux, son épouse Docteur en médecine. Sa sœur Jacqueline fut professeur d' anglais, mariée à un chirurgien   Mr  MIROUX .
Municipalité, population s"associent pour rendre hommage à la famille de Georges BAILLET

Alain Richet Maire Honoraire de Lesdins.

vendredi 1 février 2013

Charles Lemaire 1840 - 1906

 
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Mémoires d’un homme qui a marqué sa commune
et l’industrie sucrière française
par Alain Richet, maire de Lesdins de 1977 à 2001
36 années passées au sein du Conseil Municipal de Lesdins… j’ai décidé de ne plus me représenter. Cela me donne donc aujourd’hui le temps de me pencher sur l’histoire de Lesdins et sur l’action de mes prédécesseurs.
Pour Lesdins l’instauration de la commune commence vraiment en 1870 avec des officiers publics qui assuraient la fonction de maire et ce jusqu’en 1800. Le premier qui eut l’honneur d’assurer cette fonction fut M. Bobeuf, curé de la paroisse de Lesdins. En 1792 M. Charpentier lui succéda, ainsi que trois autres Lesdinois. De 1800 à ce jour, trente maires ont assuré la fonction.

Charles Lemaire (1840 –1906)

Un Homme qui a marqué

la commune de Lesdins (Aisne)
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Maire de Lesdins en 1870, Charles Lemaire eut l’audace d’y créer une sucrerie. Celle-ci fut inaugurée le 26 novembre 1870, sous l’occupation prussienne. Des évènements, des hommes tombent quelquefois très vite dans l’oubli. Certes il y a des raisons à cela : le temps, les guerres… La destruction des archives communales créent de telles situations.
Notre illustre personnage assura donc la fonction de maire en 1870. Ce qui le distingua des autres 1ers magistrats c’est justement cette audace, qui lui permit d’assurer un immense développement industriel et économique à la commune de Lesdins.
Il faut rappeler qu’en 1870 l’industrie lourde n’existait pas ou peu dans le
Saint-Quentinois ; la traction animale et l énergie à vapeur prédominaient (1707 : Denis Papin invente la machine à vapeur).
Si Charles Lemaire se lança dans la fabrication du sucre, il faut faire référence à l’époque napoléonienne. L’empereur Napoléon 1er, qui régna de 1804 à 1815, dota la France de solides institutions. La France contemporaine en conserve un grand nombre. Les universités, le code civil, la Banque de France, la Cour des comptes , la Légion d’honneur, etc…
Nous lui devons également la réalisation de grands travaux, dont le canal de Saint-Quentin qui relie le bassin parisien au nord de la France.
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Une petite anecdote :lors de l’inauguration du canal de Saint-Quentin le 27 avril 1810, l’empereur a foulé le sol de Lesdins. S’étant fait expliquer les plans du canal sur la place Devicq (ingénieur militaire ayant travaillé sur le projet du canal) comme tous grand travaux , les délais n’ ayant été respectés c’est un canal sans eau que l’Empereur inaugura ce jour-là. Pour gagner du temps l’Empereur décida de s’engager à cheval sous la voûte du souterrain qui relie Lesdins à Lehaucourt, précédé par des gardes d’honneur et suivi d’un peloton de lanciers. Il se retrouva rapidement dans une semi-obscurité, et son cheval heurta une échelle oubliée là par des ouvriers. S’ensuivit un affolement général, et l’Empereur, craignant un attentat, éperonne son cheval et s écria : « à moi la garde ! » . Le cortège traversa au galop le reste du souterrain et notre Empereur resta de mauvaise humeur toute la journée.
Image ci-dessus :L’empereur Napoléon remet, le 2 janvier 1812 sa propre Légion d’Honneur à Benjamin Delessert, premier fabricant de sucre . Cette production Française permis d’échapper au blocus « continental » de la marine britannique.
 
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Revenons à la fabrication du sucre

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L’Empereur fut également un guerrier. Il remporta bien des victoires en dominant l’Europe de 1797 à 1809. Ensuite arriva le désastre .L’Angleterre, maîtresse des mers, imposa à l’Empereur le fameux blocus continental. La France, qui avec ses colonies s’y approvisionnait en sucre de canne, se trouva du jour au lendemain démuni.
Napoléon, ne pouvant supporter plus longtemps la grogne des ménagères, eut un geste de génie. Il lui a suffi en fait de sortir le dossier de l’agronome Olivier de Serres, qui attire l’attention sur la richesse en sucre de la betterave dans son Traité de l’Agriculture. Suite aux expériences du chimiste allemand Marggraf le filon de la fabrication était trouvé en laboratoire. .Le plus dur restait à faire : le fabriquer à grande échelle. Après moult tâtonnements, le
29 mars 1811, Napoléon décide de livrer 32 000 hectares à la culture de la betterave. La grande épopée de la fabrication du sucre de betterave démarre.
Après une solide formation acquise dans différentes sucreries de la région, l’odyssée de Charles Lemaire commence à Lesdins.
Le jeune Charles Lemaire est né à Compiègne en 1840. Entre deux déplacements de sa famille il se retrouva élève à l’excellente école Tonneau de Ham (Somme). Il y reçut une instruction rudimentaire mais solide. Il entra tout de suite après en sucrerie, à l’âge de quatorze ans. Il n’avait jamais rêvé d’une autre destinée.
Il fut d’abord basculeur, puis aide-comptable à la sucrerie de Berneuil chez MM. Lhotte et Yvart, devenue ensuite la sucrerie Nativelle et Cie. C’était une grosse fabrique, on y écrasait 11 millions de kgs de racines, on cuisait au filet et l’on séparait le grain de sucre des égouts par turbinage. Ce n’était déjà plus les formes dans lesquelles - chez M. du Roisel à Ham, chez
M. Théry à Athie - le jeune enfant Lemaire avait vu entasser le magma de sucre sorti des emplis pour le clarifier péniblement.
Très vite il monta les échelons pour s’intéresser à la fabrication du sucre, et surtout à la construction des usines. Sa renommée établie il contribua à la mise en route de plusieurs sucreries dans l’Aisne. Dans bien des cas, les sucreries se construisaient à la hâte. Et quelquefois à la mise en route de l’usine le sucre n’était pas au rendez-vous. C’est ainsi que pour le compte de M. Privat Théry, ancien fabriquant de chocolat à Saint-Quentin et fondateur de la sucrerie de Seraucourt-le-Grand, notre illustre Charles Lemaire apporta toutes ses connaissances. Un article de presse retraçant la carrière de M. Lemaire précise que cette sucrerie était à l’époque la plus grande de France. On y râpait un bateau de betteraves par jour, ce qui laissait beaucoup de cultivateurs incrédules . On tirait 5.5 kg de sucre roux , pour 100 kg de betteraves ! Bref, c’était extraordinaire.
Il apporta également son concours à Chauny, dans la sucrerie de M. Million. Au cours d’une campagne désastreuse ( la betterave mangée par les vers blancs donnait un jus plein de ferment), des améliorations dans la filtration des jus s’imposèrent.
Nous retrouvons également sa trace à la sucrerie de Chevresie-Monceau pour le compte de MM. Decrois, Vieville et Cie. Dans cette sucrerie, le jeune praticien, après avoir relevé une situation compromise par une mauvaise installation, optimisa le fonctionnement de l’usine. Le résultat ne se fit point attendre !
La sucrerie de Chevresie-Monceau devint une référence dans l’Aisne. Fort de cet exploit les actionnaires demandèrent à M. Charles Lemaire de devenir directeur de fabrication. Pendant cinq ans il occupa la fonction avec brio, sans cesse il apporta des améliorations, à la grande satisfaction des agriculteurs.
Si Charles Lemaire trouva l’épanouissement dans son travail à Chevresie-Monceau dans les années 1860, il rencontra également la femme de sa vie, Julia Defrance. Ils se marièrent en l’année 1871, par un beau mois de septembre, dans la belle église de Chevresie-Monceau.
A vingt-neuf ans ce spécialiste de l’industrie sucrière fort de ses exploits tint à démontrer à sa dulcinée Julia ce dont il était capable. Objectif visé: construire sa propre sucrerie dans le Saint-Quentinois.
En 1867, sept cultivateurs importants des environs de Saint-Quentin, MM. Carlier père de Bellcourt, Namuroy-Petit de Torigny, Rocq de Pontuet, Bidaux de Lesdins, Ponthieu de Brocourt, Démarolle de Neville d’Y d’Omissy décidèrent de créer une sucrerie à Omissy. Ce fut un désastre. Site mal choisi, construction de l’usine faite de bric et de broc
Une fois de plus Charles Lemaire fut appelé au chevet de cette sucrerie pour essayer de remédier à cette situation. (Il est écrit dans une rubrique saint-quentinoise que) Monsieur Lemaire réussit tout au moins non pas à sauver l’affaire financièrement, ce qui n’était pas de sa compétence, mais à faire tourner les machines qui s’y refusaient. A la suite de cette triste campagne sucrière, son jugement fut sans appel : l’usine devait être fermée.
Très vite M. Lemaire redonna du courage aux associés. Fut décidée la liquidation de la sucrerie d’Omissy, et l’implantation d’une nouvelle sucrerie sur la commune de Lesdins
Le choix se porta sur les bords du canal de Saint-Quentin, à la sortie de Lesdins, en direction de Levergie ( sur l’actuelle ferme de M. Jamez Philippe ) . L’acte de création de la société fut signé le 30 novembre 1869 à Saint-Quentin avec comme dénomination « Sucrerie de Lesdins et Cie ». A la tête de cette nouvelle usine, qui fut inaugurée le 26 novembre 1870, Monsieur Lemaire fit briller l’industrie sucrière française durant 36 ans.
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La sucrerie de Lesdins en 1870. Elle se situait sur la ferme de M.Jamez.
1870 : La France est envahie par les Prussiens
Pour les spécialistes de la betterave, démarrer une campagne de fabrication de sucre fin novembre est une pure folie. La raison en est simple : en 1870 la France est en guerre avec l’Allemagne, et notre région est envahie par la soldatesque prussienne. Il s’ensuivit un retard considérable dans le montage de l’usine, retard qui faillit tout compromettre.
M. Lemaire eut à subir la pression allemande aussi bien en tant que chef d’entreprise qu’en tant que maire de Lesdins.
Les exigences des Allemands étaient continuelles ; la commune avait été imposée très lourdement : 15 000 francs de l’époque. On ne les trouvait pas. La sucrerie avait besoin d’argent comptant pour payer les ouvriers et les cultivateurs. Charles Lemaire, forte personnalité, se paya d’audace et s’en vint à Saint-Quentin au siège du commandement allemand défendre sa commune et son usine. Après une longue négociation, l’imposition tomba à 2 160 francs.
Le jour de la bataille de Saint-Quentin les risques de bombardement étant trop grands, la décision d’arrêter l’usine fut prise. Les malheureux soldats français vaincus à Saint-Quentin affluèrent sur Lesdins en débandade, pour se replier sur le nord de la France. Ils furent accueillis par le personnel de l’usine et purent ainsi se réchauffer, se restaurer et trouver le réconfort nécessaire pour continuer la lutte.
Bref, début mars 1871, cette première campagne de fabrication sucrière s’acheva, non sans mal. La sucrerie avait transformé pour cette première campagne 11 millions de kg de betteraves avec un résultat financier à la limite de l’équilibre.
C’est à Lesdins que l’on a produit longtemps ces beaux sucres en cristaux demeurés célèbres. Ils allaient tous vers l’Angleterre, soigneusement emballés dans des sacs de papier doublés de gutta-percha (substance plastique et isolante tirée du latex) et de toile.
En 1875 eut lieu la grande exposition de Cologne ; les sucres de Lesdins furent en concurrence avec les produits des sucreries-raffineries allemandes. Ces sucres obtinrent la récompense suprême, et les félicitations du jury.
Pendant de longues années le sucre fabriqué à Lesdins portant la marque
« Ch. Lemaire et Cie de Lesdins » se retrouva sur les plus prestigieuses tables d’Angleterre.
Les 1ers prix et les médailles s’accumulèrent, après Cologne et Amiens en 1875 ce fut Compiègne en 1877, et bien d’autres prix glanés dans les comices agricoles, qui avaient grande réputation à l’époque.
Le 12 avril 1878 fut également un grand jour pour M. Lemaire et sa sucrerie. Paris et son Exposition Universelle accueillait dans un espace réservé au secteur alimentaire la gamme des sucres de l’usine de Lesdins. C’est entouré de tous ses collaborateurs que M. Lemaire reçut un grand prix. Très heureux de cette récompense le directeur de l’usine offrit une belle soirée parisienne à tout l’encadrement.
En 1883 avant de devenir chef du gouvernement français, Monsieur Jules Méline, ministre de l’Agriculture a souhaité visiter la sucrerie de Lesdins. Après éloges et félicitations, Monsieur le ministre remit les insignes d’officier du mérite agricole. Le 23 décembre de la même année, Monsieur Lemaire fut promu chevalier de la Légion d’honneur.
Dans le dictionnaire biographique du département de l’Aisne, on retrouve textuellement l’intitulé concernant Charles Lemaire :
« Fabricant de sucre à Lesdins Aisne.
Titulaire de nombreuses médailles obtenues dans les concours
M.Lemaire est l’initiateur de la production des sucres cristallisés blanc extra »
La belle épopée d’un grand capitaine de l’industrie sucrière se termina le 29 août 1905 suite à une terrible maladie, après 35 années passées dans la sucrerie de Lesdins,.
M. Lemaire n’eut pas à assister aux méfaits d’un désastre qui allait plonger la France dans les affres des deux guerres mondiales.
Durant les combats de 1914 la commune de Lesdins, comme bien d’autres villages, fut détruite et la sucrerie anéantie. Des années de souffrance et d’oubli ont pris le relais. La plupart des agriculteurs ayant été tuée au combat, il ne restait aucun leader pour relever le défi et reconstruire la sucrerie à Lesdins.
M. Tabary
Les années passèrent et un homme de la trempe de M. Lemaire,
M. Tabary, nacquit le 16 août 1874 à Roupy dans le département de l’Aisne. C’est à Nesle qu’il passa les premières années de sa vie. A 11 ans il décrocha son certificat d’études primaires. Il possédait de réelles dispositions pour les études. Ses parents l’inscrivirent au lycée d’Amiens comme pensionnaire.
M. Tabary              
Son baccalauréat en poche, il prépara l’Ecole Centrale à Paris, de 1895 à 1898. Reçu brillamment il ne lui resta plus qu’à effectuer son service
e militaire. Il revêtit l’uniforme de sous-lieutenant d’artillerie à Bourges et c’est à son retour qu’il fit sa première campagne sucrière.

L’agriculture l’intéressait beaucoup, pendant ses vacances il fit des stages dans de grandes exploitations de la région de Ham. D’autre part ses parents comptaient de nombreux amis parmi les sucriers de la région. C’est ainsi qu’il se tourna vers l’industrie sucrière.
Sa première campagne débuta en 1899, à Epenancourt.
1900-1903 : ce fut la période des stages dans les sucreries de Seraucourt, Montescourt, Ham , Villers-Saint-Christophe, Matigny, Monchy, Moyencourt, et Pithiviers. Lors de la campagne de 1903 il assuma ses premières responsabilités comme sous-directeur de l’usine de Seraucourt.
En 1904 il entra à la sucrerie de Flavy, pour devenir en 1905 directeur général . Cette sucrerie s’élevait à la sortie de l’agglomération, sur la droite de la route de Chauny et avait
3 râperies : à Holnon, Etreillers, et Ugny-le-Gay. L’ensemble représentait un travail de 1 000 t de betteraves /j, dont la moitié effectuée par les trois râperies. La France, avant la guerre de 1914, comptait plus de 400 sucreries.
La Grande Guerre stoppa le développement des sucreries, les 4 années de combats et de bombardements réduirent à néant toutes les sucreries de Picardie.
Monsieur Tabary reçut comme tout bon citoyen en âge de combattre sa feuille de route avec le grade de capitaine. C’est bien sûr le secteur de Verdun qui représenta une grande partie de sa mobilisation. Ainsi qu’un séjour dans le département de la Somme et c’est à Cappi qu’il fut blessé.
Monsieur Tabary, la guerre terminée, et ayant récupéré des forces n’avait plus qu’une obsession : reconstruire dans la région qu’il connaissait bien une industrie sucrière digne de ce nom.
Durant cette guerre, les leaders de ces usines détruites,y avaient souvent laissé leur vie ou leur santé, et le moral des paysans n’était pas au beau fixe
La guerre avait détruit une industrie éparpillée; il fallait tirer parti des circonstances pour la concentrer et ainsi obtenir de meilleurs résultats. La notoriété de Monsieur Tabary lui permit de convaincre des financeurs, dont M. Sommier, raffineur sur Paris, et Monsieur Boivin. Les rapports qu’entretenait depuis une longue date Monsieur Tabary avec ses collègues du voisinage lui permirent d’obtenir rapidement, mais non sans mal, l’accord de 14 sucreries détruites. Ces dernières détenaient des dommages de guerre ainsi qu’une clientèle betteravière détenant un savoir-faire incontestable.
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Le 13 juin 1919 la CNSR était créée, le site de la nouvelle sucrerie choisi. Ce fut l’avènement de la sucrerie d’Eppeville et le 2 janvier 1923 la première campagne betteravière commença .
C’est ainsi que disparurent la sucrerie de Lesdins et les 13 autres sucreries désignées : Péronne, Mons-en-Chaussée, Athies, Matigny, Monchy-Lagache, Moyencourt, Ercheu, Villers-St-Cristophe, Flavy-Le-Martel, Montescourt, Seraucourt-Le-Grand , et Courcelles.
Revenons, pour conclure, au secteur betteravier de Lesdins.
Une râperie fut construite en 1921 à Omissy, afin d’extraire le jus de betterave et l’expédier à la grande sucrerie d’Eppeville, soit une distance de 24 km à parcourir par voies de canalisation. Cette râperie cessa toute activité aux alentours de1967.
Ainsi donc se termine cette histoire du sucre et de l’ hommage rendu un homme d’ exception Monsieur Charles Lemaire.

Remerciements :
Je tiens à remercier les personnes qui m’ont aidé à réaliser cette publication :
- Mme Renard-Drain, descendante directe de M.Lemaire ;
- Mme Séverin, membre de la société académique de Saint-Quentin ;
- La Bibliothèque Municipale de Saint-Quentin, en la personne de
Mme Niay ;
- M. Boudon, retraité su service de la navigation
- La Maison de Communication de Lesdins, en la personne de
Melle Favereaux.

 Publié par Alain Richet

mercredi 23 janvier 2013

Une histoire de Lesdins


LESDINS

Situation :
A l'extérieur du village, au hameau du Tronquoy, sur la droite à mi-chemin entre Lesdins et Le Haucourt.
Un premier château fortifié aurait existé. Une bande de brigands s'y étant installé au cours du XV' siècle, Louis XI en aurait fait le siège. Les occupants auraient été massacrés sauf leur capitaine qui aurait eu la vie sauve. Comme seigneurs du Tronquoy, on trouve en 1580 N. Lefèvre de Caumartin, en 1587 Louis Marescal par acquisition, en 1608 Pasquier de Philippy. Les Philippy, d'origine italienne, s'étaient établis dans le Languedoc avant d'acquérir la seigneurie du Tronquoy vers le début du XVII' siècle. le domaine reste dans les mains de la famille de Philippy jusqu'en 1905, date à laquelle madame Caffart, née Philippy d'Estrées, vend le domaine du Tronquoy à un induStriel, M. Décaudin, qui le revend rapidement à la famille Turbaux. Le propriétaire en 1914 est Henri-Georges Turbaux, né en 1883 et marié à Louise-Marie Cassine. Le château devait dater du XVII' ou du XVIII' siècle.

Description:
Il s'agissait d'une élégante construction classique en brique er pierre. Elevé sur caves sur toute sa longueur, le château, qui dominait toute la campagne, montrait deux niveaux de sept travées. La travée centrale était incluse dans un avant-corps surmonté d'un fronton triangulaire percé d'un oeil-de-boeuf. Un escalier droit à double volée y donnait accès. Les ouvertures étaient rondes légèrement cintrées. La toiture en croupes était surmontée en son centre par un haut belvédère. Le logis était encadré par deux ailes plus basses, à un seul niveau. Celle de gauche n'avait qu'une travée, tandis que celle de droite en présentait cinq avec une toiture légèrement plus haute. La façade d'arrivée présentait la même disposition. L'assemblage brique et pierre donnait à ce château beaucoup de charme.

Extrait de: Il était une fois des châteaux dans l'Aisne . Jean Eck .

dimanche 20 janvier 2013

Premier message

L'histoire de Lesdins contée par deux passionnés


CAROLINE Olive est Anglaise. Elle passe avec sa famille une dizaine de jours de vacances dans la région. Elle se souviendra, sans aucun doute, de cette visite de Lesdins, commune de l'agglomération saint-quentinoise. « Ce n'est pas du tourisme typique, c'est très local », explique-t-elle, assise dans le salon des propriétaires du château de Lesdins.
Georges Lefaivre, descendant de la famille Chauvenet par sa mère, et son épouse ont ouvert en toute simplicité leur maison aux membres du groupe participant à la visite organisée par l'office de tourisme.
Le propriétaire des lieux a racheté la maison de ses ancêtres à l'état d'abandon voici vingt-cinq ans et, depuis, pièce après pièce, le couple rénove. « Ce que je vous fais visiter, ce n'est pas le château, car en lui-même il n'a rien d'extraordinaire. Je vous raconte le terroir, l'histoire de ma famille », confie-t-il aux visiteurs, s'improvisant pour l'occasion guide conférencier.
Il retrace l'histoire du site et évoque au final le souvenir de son grand-père retenu dans la maison durant l'occupation par les Allemands.
Sur les traces de Napoléon…
Avant d'être accueillis au château, les visiteurs, curieux de connaître les lieux et les gens de la région, avaient eu pour guide une personnalité. Aux hôtes installés autour de la table du conseil, Alain Richet, ancien maire, explique qu'il est né dans une ferme, juste en face.
Cet homme passionné conte avec moult anecdotes l'histoire d'une commune qui a su garder « son caractère rural et campagnard ». Lui aussi s'est improvisé guide, menant les promeneurs d'un monument à l'autre.
Il fait visiter l'église « rénovée de fond en comble » avec fierté et bonheur. Son épouse a emporté l'album photo qui retrace le déroulé des travaux. Il explique comment ont été financés les vitraux sur les côtés qui font allusion aux travaux des champs. Autrefois, Lesdins organisait une fête de la moisson.
Le four à pain du village a une histoire. Alain Richet était revenu une année de ses vacances avec cette idée de construire un four à pain. Alors maire, il soumet l'idée au conseil municipal qui le suit. Ainsi est née la fête du pain…
Au monument dédié aux mariniers, petit rappel historique du canal de Saint-Quentin et des projets successifs. Bonaparte relance le projet en 1801 selon l'idée de l'ingénieur Devic. La place aujourd'hui porte son nom. L'ancien maire évoque le passage de Napoléon avec Marie-Louise dans le souterrain du Tronquoy et la reconstitution historique qui a été organisée alors qu'il était maire.
Les visiteurs n'ont que la rue à traverser pour observer la mosaïque de la Vierge à l'enfant réalisée par un habitant, Renato Pozzobon. Il a également réalisé une tête de Christ pour l'église.
À quelques pas de là, Alain Richet s'enflamme quand il évoque ce nouveau projet : une crèche en extérieur. La voûte est en cours de construction, les personnages en plâtre ont déjà été réalisés. L'étoile du berger guidera les visiteurs dans la cour de la maison des associations, où ils découvriront le spectacle dès 15 heures.
Graziella Basile