Episode n° 3
Au grand Lesdins, lors des longues soirées d'hiver, près de la cheminée, en surveillant la cuisson des marrons qui crépitent dans l'âtre et dégagent une bonne odeur, les anciens aimaient raconter aux enfants la vie des choucas dans le clocher et leur subite disparition.
Madame POLKA chez qui je me trouve, entendit maintes fois le récit raconté par son grand-père, sans savoir s'il y avait une part de vérité ou si c'était une pure légende venue de l'imaginaire des villageois.
Pendant qu'elle prépare le café dans la cuisine, j'ai tout le loisir de rêver en regardant l'étagère dessus l'évier. Elle est remplie de jolies boîtes métalliques, colorées et laquées de mon enfance. Elles servent désormais au rangement des denrées sèches : lentilles, haricots, pois chiches, grains de riz. Malgré la prenante odeur de café qui embaume la pièce, me monte jusqu'aux narines le souvenir des grands bols fumant de banania et des tartines grillées généreusement beurrées que nous, les enfants des années 40-50, ne manquions pas d'apprécier avant de quitter la maison pour le chemin de l'école.
Madame POLKA est veuve, élève seule sa fille Adèle. Elle a toujours habité au grand Lesdins, est née dans cette maison où je m'apprête à boire le café. Elle me fait part de son indignation de voir le journal de la commune s'appeler le petit Lesdinois niant ainsi l'existence du grand Lesdins, puis me raconte l'aventure qu'elle est en train de vivre.
Adèle, étudiante, a travaillé pendant ses vacances pour financer un voyage d'étude aux Etats-Unis, sans pouvoir réunir les fonds nécessaires. Sa mère dont les faibles revenus ne permettent pas de compenser à hauteur de la dépense, ne renonce pas pour autant à débusquer le solde manquant.
Une idée lui vient en regardant son émission de télé préférée "un Pactole dans ma maison" présentait par le célèbre animateur Jean-Pierre Peneau, accompagné de Gilles de Rouet, antiquaire et expert renommé.
Madame POLKA a décidé de faire acte de candidature.
La somme manquante se trouve peut-être à portée de mains dans une vieille remise ou l'appentis au fond du jardin.